L’utilisateur de documentation est un gros balourd !

Et c’est là le gros problème du rédacteur. Surtout celui qui veut faire un travail de qualité ! Comment expliquer BalourdBerrichon1l’utilisation du produit si l’utilisateur est handicapé du bulbe ?

 

Prenons l’exemple de ce guide utilisateur (bilingue). Il est destiné aux responsables d’entreprises voulant enregistrer un « détachement de travailleurs en France » donc, s’adressant à des entreprises étrangères (c’est pour cela qu’il est en français… et un peu en franglais).

 

Bilingue… ou complètement dingue ?

Langue de l’utilisateur

Serait-ce ici la première bourde du guide ? Oserait-on parler d’un projet bien mal démarré ? Il semblerait en effet que le rédacteur ait oublié de se poser la toute PREMIERE question avant de rédiger : quel est mon public-cible? A qui est bilinguisme_FrenchFrogdestinée cette documentation ?

« Objectifs du document – Ce document présente les fonctionnalités du portail de télédéclaration, à destination des entreprises étrangères »

Nous y voilà :  il s’agit bien d’utilisateurs hors de France ; donc le choix de la langue s’impose : l’anglais.

Parce qu’on est en droit de se demander si, à Vilnius par exemple, on assimile aisément ce galimatias :  « Certaines fonctionnalités (auto-complétion à partir de référentiels, duplication d’une déclaration…) facilitent ou réduisent la saisie des informations récurrentes. »

Bilinguisme illisible

Soit, à la fois le site et le manuel affichent, sous le texte français, une version anglaise. Mais est-ce vraiment efficace ? bilinguisme

En réalité le texte en anglais est d’une taille de caractères inférieure au texte français (allons, messieurs les employeurs étrangers, faites encore un p’tit effort pour déchiffrer notre -mauvaise- glose).

Pire : la recherche en ergonomie (« usability ») est unanime : il faut SEPARER les contenus bilingues si l’on veut être lu ! Ce n’est pas à l’utilisateur de faire un effort, mais bien au créateur du contenu.

Mise en page

Qu’à cela ne tienne : la mise en page est très élégante, digne d’une entité officielle de la République. Le « résumé » parait raffiné, mais il est inadapté à son public. En justifiant le texte à droite, le rédacteur fatigue l’oeil de l’utilisateur. En effet, pour pouvoir aligner à droite, il faut ajouter des espaces (des « blancs ») entre certains mots. Cette irrégularité entre les lettres oblige ManuelTypographique-1764le lecteur à fixer son attention pour déchiffrer le texte mot par mot et requiert des efforts supplémentaires pour lire de manière fluide.

Le texte justifié est acceptable lorsqu’il est étroit, comme dans les colonnes de journaux.

La mode du texte justifié est venue avec l’apparition de MS Word, qui offre cette possibilité. C’est amusant de voir le texte prendre différentes formes en un seul clic. L’objectif de Microsoft n’est pas d’augmenter la lisibilité d’un texte, mais de montrer les différentes possibilités du logiciel. Notre métier, par contre, est de rendre l’information fournie lisible, utilisable, facile d’accès (pour l’utilisateur).

N’hésitez pas à jeter un oeil sur ce tutoriel de mise en page (à partir de 3:03 minutes)

Contenu pour l’utilisateur handicapé du bulbe

Sachant que l’utilisateur -surtout s’il est étranger et ne maîtrise pas vraiment la langue française- est un vrai béotien, le rédacteur doit TOUT lui expliquer.

Par exemple, que, pour ajouter une information, il faut cliquer sur le bouton… AJOUTER

Ajouter4Ajouter3

 

On peut aussi, en voulant insérer une profusion de copies d’écran, ajouter un sentiment de confusion (et se brûler les doigts au jeu de la confidentialité)?Jouve_confidentialité

 

Non seulement cette copie d’écran laisse perplexe, mais elle dévoile un aspect confidentiel d’une entreprise existante.

Perplexité : sous « données entreprise étrangère » nous voyons les coordonnées d’une entreprise … française, basée à Rennes, en France…

 

MauvaisePub

 

Confidentialité : ainsi donc la société JOUVE SA  est partie prenante dans cet… ouvrage puisqu’elle est « spécialisée dans l’acquisition, la valorisation et la diffusion de l’information« . Valorisation,… vous avez dit « valorisation » ?

Résumons…

Avant de se lancer dans un projet de documentation, on ANALYSE SON PUBLIC-CIBLE. Et ensuite on rédige POUR ce public-cible que l’on respecte (en ne l’obligeant pas à lire des inepties).

Fort regrettable, au demeurant, que le Ministère du Travail ait jugé bon investir dans ce manuel absolument inutilisable… avec les deniers du contribuable.

Comment démarrer un projet de documentation ? venez en parler avec de véritables rédacteurs professionnels !

 

 

 

 

 

 

 

 

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